Histoire

Acte d’indépendance : Liberté ou la mort

Il y a plus de 200 ans, les contingences de l’Histoire posaient dans la géographie de Saint-Domingue, alors possession de l’Empire colonial français, l’acte le plus tragique de l’ancien régime et le plus grandiose du Nouveau-Monde: la naissance du premier Etat libre. Haïti émergeait de la tension humaine d’une création nouvelle qui s’efforçait par la liberté.

Les hommes nouveaux opposaient une résistance magnifique aux oppresseurs jusqu’au jour où la raison de l’existence jaillit dans leur conscience et que prévalurent les moyens mêmes de l’Histoire: le feu, le fer, le sang. La lutte passa du plan de la liberté sur celui de l’ndépendance et elle fut couronnée par la victoire.

C’est sous le président Jean Pierre Boyer que fut reconnue par par Charles X l’indépendance haïtienne.En 1825 conter la lourde indemnité de 150 millions de l’époque, elle fut acceptée par le président haïtien désireux de mettre fin à une situation ambigue.Son geste sera considéré comme une capitulation.

En 1838 Louis-Philippe concrétisait les accords, espérant en retour que les Haïtiens se ressouviendraient qu’ils avaient été français.

ACTE D’INDÉPENDANCE : Liberté ou la mort

  • ARMÉE INDIGÈNE
  • GONAÏVES, LE PREMIER JANVIER 1804
  • AN 1 DE L’INDÉPENDANCE

Aujourd’hui premier janvier dix huit cent quatre, le Général en chef de l’Armée indigène, accompagné des généraux, chefs de l’armée, convoqués à l’effet de prendre les mesures qui doivent tendre au bonheur du pays :

Citoyens,

Après avoir fait connaître aux généraux assemblés ses véritables intentions d’assurer à jamais aux indigènes d’Haïti un gouvernement stable, objet de sa plus vive sollicitude : ce qu’il a fait à un discours qui tend à faire connaître aux puissances étrangères la résolution de rendre le pays indépendant, et de jouir d’une liberté consacrée par le sang du peuple de cette île ; et, après avoir recueilli les avis, a demandé que chacun des généraux assemblés prononçât le serment de renoncer à jamais à la France, de mourir plutôt que de vivre sous sa domination, et de combattre jusqu’au dernier soupir pour l’indépendance.
Les généraux, pénétrés de ces principes sacrés, après avoir donné d’une voix unanime leur adhésion au projet bien manifesté d’indépendance, ont tous juré à la postérité, à l’univers entier, de renoncer à jamais à la France, et de mourir plutôt que de vivre sous sa domination.

Ce n’est pas assez d’avoir expulsé de votre pays les barbares qui l’ont ensanglanté depuis deux siècles ; ce n’est pas assez d’avoir mis un frein aux factions toujours renaissantes qui se jouaient tour à tour du fantôme de liberté que la France exposait à vos yeux ; il faut, par un dernier acte d’autorité nationale, assurer à jamais l’empire de la liberté dans le pays qui nous a vus naître ; il faut ravir au gouvernement inhumain, qui tient depuis longtemps nos esprits dans la torpeur la plus humiliante, tout espoir de nous réasservir ; il faut enfin vivre indépendant ou mourir.

Indépendance ou la mort… Que ces mots sacrés nous rallient, et qu’ils soient le signal des combats et de notre réunion.

Citoyens, mes compatriotes, j’ai rassemblé en ce jour solennel ces militaires courageux, qui, à la veille de recueillir les derniers soupirs de la liberté, ont prodigué leur sang pour la sauver ; ces généraux qui ont guidé vos efforts contre la tyrannie, n’ont point encore assez fait pour votre bonheur… Le nom français lugubre encore nos contrées.

Tout y retrace le souvenir des cruautés de ce peuple barbare: nos lois, nos mœurs, nos villes, tout porte encore l’empreinte française; que dis-je? il existe des Français dans notre île, et vous vous croyez libres et indépendants de cette république qui a combattu toutes les nations, il est vrai, mais qui n’a jamais vaincu celles qui ont voulu être libres.

Eh quoi ! victimes pendant quatorze ans de notre crédulité et de notre indulgence ; vaincus, non par des armées françaises, mais par la piteuse éloquence des proclamations de leurs agents ; quand nous lasserons-nous de respirer le même air qu’eux ? Sa cruauté comparée a notre patiente modération ; sa couleur à la nôtre ; l’étendue des mers qui nous séparent, notre climat vengeur, nous disent assez qu’ils ne sont pas nos frères, qu’ils ne le deviendront jamais et que, s’ils trouvent un asile parmi nous, ils seront encore les machinateurs de nos troubles et de nos divisions.


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Planete Haiti

Un joueur, un enfant d'haiti, qui veut apporter une touche et une vison différente d'haiti

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