1804 – 1982 Le système scolaire haïtien est calqué sur le modèle français. L’enseignement se fait d’ailleurs dans cette langue. Mais ce mimétisme ne prend pas en compte la différence et les disparités existantes sur le territoire. Par un apprentissage basé sur du « par cœur », les élèves ne s’approprient pas la langue. Le français devient la marque d’appartenance à une classe d’élites. Le créole non valorisé devient synonyme de pauvreté, de non-éducation. Ce modèle d’apprentissage devient vecteur de discrimination sociale.

1982 : La Réforme Bernard consacre les deux langues officielles d’Haïti comme langues d’enseignement. L’un des principaux objectifs de la réforme éducative est d’atteindre un bilinguisme fonctionnel après les trois cycles de l’école fondamentale et, pour y arriver, un programme de langue a été élaboré. La lecture des différents modèles proposés donne l’impression que le créole est privilégié lors du 1er cycle. En fait, une étude attentive montre que le nombre d’heures consacrées à l’enseignement du français est presque égal à celui consacré à l’enseignement du créole.

L’introduction de la langue vernaculaire dans l’enseignement est le premier pas vers une rupture de la situation de diglossie. L’alphabétisation en créole revalorise d’une certaine façon la langue auprès des paysans haïtiens. Dans le cadre de la réforme, le français est enseigné comme langue étrangère, donc langue seconde. Mais il est possible de remettre en question ce choix étant donné que l’anglais et l’espagnol répondent aussi aux critères de langue seconde et présentent des intérêts économiques, et d’ouvertures sur le monde.

Cependant, faute de manuels suffisants en langue créole, le manque de matériels pédagogiques adaptés et la formation inadéquate des enseignements, la Réforme Bernard a souffert de cruels moyens financiers pour la rendre efficace. Néanmoins, cette réforme éducative a ouvert des perspectives nouvelles au système éducatif haïtien

La Constitution haïtienne de 1987 garantit le droit à l’éducation de qualité et gratuitement. À la suite du séisme du 12 janvier 2010, environ 5000 écoles ont été détruites ou gravement endommagées, touchant environ 700 000 enfants en âge d’être scolarisé. Le gouvernement a donc posé les bases d’un nouveau système éducatif public de qualité.

SOURCETEH
SHARE
Previous articleCycles scolaires et enseignement en Haïti
Next articleFormalités douanières en Haiti
Nous avons osé être libres, osons l’être par nous-mêmes et pour nous-mêmes ; imitons l’enfant qui grandit : son propre poids brise la lisière qui lui devient inutile et l’entrave dans sa marche. J'@ime Haïti, je M'investis

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here