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L’origine des O.N.G en Haïti

Cet article de mon père (Salnave, ancient président d’Haiti) datant de 1946, je le dédie à une amie qui depuis quelques temps s’intéresse de la question des O.N.G en Haïti
La nouvelle forme de garantie que semble exiger le Capital Américain.

Au sujet de l’aide financière que le monde entier attend de la nation la plus riche du globe, nous avons publié, dans notre édition d’hier, une opinion du Sous-Secrétaire d’Etat américain, Sprille Braden, qui n’est pas dénuée d’intérêt pour les pays de cet hémisphère. Le nouveau système préconisé semble être celui-là même qui a été mis en pratique ici, avec la White et la Shada, c’est à dire des entreprises privées exécutant, pour compte des gouvernements, des travaux publics et des travaux agricoles ou industriels susceptible d’aider au développement économique des communautés.

Les capitaux, de cette façon, restent sous le contrôle permanent de ceux qui les investissent

Tout se fait par l’intermédiaire des prêteurs eux-mêmes et l’on croit arriver ainsi à l’emploi strict des valeurs avancées. Par opposition au procédé antérieur qui nous a valu, en 1922 l’ingérence étrangère et la main-mise sur nos revenus, le contrôle s’exerce maintenant à la sortie des fonds. Mais, comme les garanties de remboursements demeurent, c’est donc vers un renforcement du contrôle des emprunts que l’on s’oriente aujourd’hui, dans la pensée, peut-être, de supprimer le contrôle financier proprement dit, là où il subsiste encore.

Le nouveau Système ne laisse pourtant pas de présenter de graves inconvénients. Car, le contrôle de l’emploi des capitaux n’empêche pas la mal gestion, le gaspillage, voir le vol (comme cela s’est constaté en Haïti) de la part des prêteurs, au détriment de l’emprunteur qui est obligé, malgré tout, de souscrire des obligations à l’occasion des dépenses de chantiers et des experts (contrat White.) Et, s’il s’agit d’entreprise agricole ou commerciale, l’emprunteur court le risque de courir une faillite – comme cela avait menacé de se produire à la Shada de Fenval – pour tout profit (sans ironie) de la transaction… Bien que l’entreprise commence à se relever depuis qu’elle a été confiée à des administrateurs plus habiles et plus consciencieux, on doit admettre que le système ne s’est pas révélé sans danger, du moins, en Haïti.

“Le Capital, a déclaré M. Braden, a besoin de l’assurance d’un traitement particulier; de l’assurance que les techniciens et le matériel pourront entrer travailler dans ce pays (les pays sud-américains); de l’assurance que des profits raisonnables et l’amortissement du capital seront réalisés et d’autres garanties également nécessaires.”

Jamais, à notre avis, le vocable “assurance”, expliqué justement au cours des assises de la “Hémisphère Insurance Conférence” qui ont réuni, en juin dernier, plus de 200 représentants de 16 Etats de cet Hémisphère, n’aura reçu une acceptation aussi complète ni aussi variée. Il est vrai que, secondés par le gouvernement américain, les capitalistes sont à la recherche d’un procédé qui remplace celui par trop humiliant du contrôle des petits États débiteurs. C’est ici que la thèse du Sous-Secrétaire d’Etat Braden rencontre notre entière adhésion. Il est inadmissible, en effet, qu’après deux guerres faites et gagnées pour la reconnaissance du droit des peuples de s’administrer librement, des transactions d’argent permettent de perpétuer la violation d’un principe sacré, proclamé à nouveau à San Francisco.

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Marc Salnave
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Planete Haiti

Un joueur, un enfant d'haiti, qui veut apporter une touche et une vison différente d'haiti

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