En Haïti, après la période carnavalesque, vient le Carême. Cette période est notamment marquée par les festivités de rara.Les festivités de rara sont célébrées au cours de la période pascale. Des milliers d’Haïtiens accordent une grande importance à ce rituel.

Le phénomène du rara haïtien tire son origine de la période précolombienne, mais qui s’est développé davantage au cours de la période d’esclavagisme, notamment dans le cadre du marronnage.

À l’époque, « c’était un rara sans tambour, ni bambou,

mais qui avait une portée révolutionnaire», a-t-il précisé. Cette bande de rara, formée de marons, portait alors le nom de « Chawopyè .»

À partir de 1804, la nature du rara a changé. « On est passé d’un rara révolutionnaire à un rara de réjouissance » C’était une façon pour ces derniers d’exprimer leur joie, car « le rara était alors une manifestation socioculturelle et mystique »Le rara moderne est dorénavant doté d’un ensemble d’instruments musicaux, entre autres le tambour, le bambou et les instruments à vent.Le rara apporte une contribution à l’épanouissement de l’être humain et participe à la transformation de la société à travers leurs rythmes et messages diffusés.

Dimension mystique du rara

Mis à part l’aspect socioculturel entourant les festivités de rara, cette tradition comporte également une grande portée mystique. De l’avis d’un prêtre vaudou de la localité de Bineau Lapointe de Léogâne, Lyonel Dupont, le rara est un élément tiré des pratiques vaudou. « Personne ne peut de son propre gré former une bande de rara », sous un ton de tonnerre, soulignant qu’une telle initiative doit nécessairement émaner de certains esprits vaudouesque. Par ailleurs, un « ougan asogwe » Lyonel Dupont a précisé qu’une bande de rara « est un héritage ». La transmission du pouvoir se fait par les différents membres de la famille adhérant aux pratiques du vaudou.

Outre l’apport des différents musiciens à la bande, la présence de plusieurs personnalités revêt une importance capitale pour le bon déroulement de l’évènement. Il s’agit, entre autres, du colonel, du jongleur de bâton (Majò jon). Le colonel est un personnage mystique, et est aussi le leader de la bande. « C’est à lui de prendre toutes les décisions jugées profitables afin de mener les milliers de participants à bon port ».

« Il faut toujours interpeller les esprits avant même de procéder au défilé », ces derniers (les esprits) sont responsables de la protection des participants.

Une source de revenus pour les Léogânais

Les festivités de rara font partie intégrante de l’économie léogânaise, car l’évènement attire de nombreux visiteurs. Cela contribue également à l’émancipation de la jeunesse dans plusieurs sens. Cela a permis à ces derniers de couvrir les frais de scolarité ainsi que la possibilité d’apprendre à jouer certains instruments.

Quelque 1 500 000 gourdes sont dépensées pour la préparation du défilé. En récompense, ils disent que « les esprits les protègent et les accompagnent dans tout ce qu’ils entreprennent .»

SOURCElenouvelliste
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